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#19 – Lettre à un jeune entrepreneur : une startup, ce n’est PAS un job !

Cher H.,

Ton email fait ressortir plusieurs frustrations de ton parcours (débutant) d’entrepreneur. Tu te plains  d’une série de choses, de difficultés avec tes co-fondateurs, tes clients, ta compagne (qui ne te voit plus guère), etc.

Lorsque l’on regarde ces points avec un peu de recul, je pense que l’on peut réaliser que ces désillusions trouvent leur source à la même origine : la croyance (erronée) qu’une startup c’est comme un job.

C’est un peu normal de le considérer comme ça, vu que un job (pour lequel on postule, où l’on est engagé, où l’on reçoit un salaire) est généralement le seul modèle de travail que l’on connaisse mais l’entrepreneuriat en est pourtant assez différent sur bien des aspects.

1. On est liés à ses co-fondateurs (à bien choisir)

C’est un des critères clés de succès d’une startup : le “fit”, l’adéquation entre l’équipe de fondateurs. Non seulement dans les “hard skills” (développement, finance,…) mais également dans les soft skills (attitudes, intelligence émotionnelle). On dit généralement que ces derniers sont encore plus importants que les capacités “métier”. D’où l’importance d’une équipe de fondation qui sache s’accorder, qui sache dépasser les cahots des démarrages. C’est pour cela que autant d’entrepreneurs vont chercher leurs associés parmi les amis : cela fait gagner des mois d’ajustement avant qu’une équipe ne “cristallise” comme une équipe soudée.

2. Ca te bouffe l’existence

Si tu voyais dans la startup le confort d’être “ton propre patron”, détrompe-toi rapidement : c’est tout sauf confortable ! Une startup, c’est comme un bébé : c’est mignon, et tu en es très fier, mais ça t’occupe du matin au soir,… et du soir au matin. Quand il faut boucler offres, projets, présentations stratégiques, et que l’avenir de ta boite en dépend, ça prend priorité sur à peu près tout : vie sociale, familiale, loisirs, etc. Alors que dans la plupart des jobs, une fois que l’on a quitté le bureau, la journée est finie jusqu’au lendemain.

3. C’est une montagne russe émotionnelle

Un jour tu te sens le roi du monde, parce que cette grande entreprise semble prête à adopter ton projet ; le lendemain tu te sens down parce que telle super recrue potentielle a finalement dit non à ton offre d’emploi. Tout entrepreneur peut témoigner de ce côté “montagnes russes”. Pourquoi ? Parce que l’on s’identifie beaucoup plus à son projet, dans une relation souvent émotionnelle avec ce qui lui arrive, en positif comme en négatif.

4. Personne ne te dit ce que tu dois faire

Le revers de la médaille d’être “son propre patron” : c’est qu’il n’y a personne (d’extérieur) pour te dire ce que tu dois faire. A tout moment, jour après jour, être capable de jongler les différentes priorités entre produit, client, administratif, c’est le lot de l’entrepreneur, et c’est même peut-être un de ses skills clés.

5. Ton salaire n’est pas garanti

Là on arrive où cela peut faire mal : dans le porte-feuille. Avoir un job, c’est avoir un salaire garanti chaque mois (et une période de préavis, même dans l’hypothèse où l’on se fait virer). En mode startup, il n’est pas rare de devoir accepter de se payer un demi-salaire en phase de démarrage. Voire de ne pas se payer du tout, et pendant plusieurs mois (plusieurs entrepreneurs lancés à la sortie des études m’ont déjà témoigné que s’il n’étaient pas encore “chez papa/maman”, ils ne sauraient pas nouer les deux bouts…).

Bref, tu le vois, le “métier” d’entrepreneur, même si il semble avoir de nombreux attraits (liberté, possibilité de “changer le monde”, succès potentiel illimité,…) est tout de même bien différent d’un “job” classique d’employé.

Une fois que tu en intègres bien toutes les contraintes, ça devient potentiellement un beau terrain de développement, voire d’épanouissement.

En te souhaitant le meilleur,

R.

Roald Sieberath est multi-entrepreneur, actuellement co-fondateur de Swan Insights. Il est également coach pour divers accélérateurs, dont LeanSquare et StarTech.

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